Stéphane Brunier : Objectif Mondial (2)

Stéphane Brunier à bord de sa voiture de course
Stéphane Brunier, tout sourire

Stéphane Brunier, du permis à aujourd’hui

Nous avons laissé Stéphane Brunier, la semaine dernière, alors qu’il allait nous parler de ses premiers pas derrière le volant. Si vous avez raté le début, la séance de rattrapage se passe ici …  Stéphane Brunier : Objectif Mondial (1).

Stéphane nous parlait de son projet qui consiste à participer au prochain Rallye de Monte-Carlo. Il évoquait la voiture qu’il souhaite acquérir pour mener à bien ce projet, sans se ruiner (Twingo R1). Mais aussi son enfance à rêver de ce rallye qui passait devant son école maternelle. De ses premiers pas comme spectateur dans le monde du Rallye, avec son frère, qui lui a tracé le chemin. Aujourd’hui nous allons parcourir plus de vingt ans de rallye à travers son histoire. De ses débuts à aujourd’hui. Vous allez découvrir un pilote et un homme attachant. Allez c’est parti.

(suite …) Tu peux me parler de tes débuts ? Où as-tu appris à piloter ? Seul ? Tu es passé par une école de pilotage ? Un stage ? Au contact de certains pilotes ? Tu peux m’en dire plus ?

Stéphane Brunier : (… Mes premières reconnaissances, je les ai faites à ses côtés (nldr son frère) car sa copilote n’était pas disponible. A l’époque on dormait dans les bagnoles pour économiser une nuit d’hôtel. Puis est venue l’heure du permis …). La spéciale de Sisteron-Thoard est vite devenue mon terrain de jeu favoris ! Lorsque j’habitais dans les Alpes de Haute Provence, je devais y passer au moins une fois par semaine. Je l’ai faite également en vélo un nombre incalculable de fois, dans les deux sens. On l’a faite dans toutes les conditions. J’ai fait mes premières journées glisse sur neige au col de Fontbelle. Le col n’est pas déneigé l’hiver et du coup la route est fermé. Nous y allions très généreusement… d’où les premières bosses sur les voitures.
Mes premières notes, je les ai prises également sur cette route, pour m’entrainer. Qu’est-ce que nous avons pu faire de « passages par les portes », la haut. Parfois, nous allions pique-niquer au col, juste pour le plaisir de faire corps avec cette route, ce cadre que j’ai toujours énormément respecté pour ce qu’il représente. Je vous laisse imaginer ma déception, ma tristesse lorsque cette spéciale a été supprimée du programme. A cette époque, je m’étais juré de faire cette spéciale en course, pour le Monte-Carlo.

205 GTI Rallye de Vaison 1995
Rallye de Vaison 1995, premier rallye pour Stéphane Brunier, au volant de la 205 GTI prêtée par son frère.

Mon frère, pour me remercier de mon aide, m’a prêté sa 205 Gti N2 pour faire mon premier rallye, le Vaison 1995, nous avions 19 ans avec mon pote Dany. Je m’étais dit tout simplement : « si je finis dans la première moitié, je m’achète une voiture de course, si je finis dans la seconde moitié je laisse tomber car faire du rallye sans faire un minimum de performance ne m’intéresse pas ». Nous avons fini pile 75ème sur 150 autos et 5ème de classe pour 10 partants en N2. D’autant plus que l’auto ne disposait pas des 115 ou 120 chevaux attendus mais de seulement 80 cv, suite au passage au banc de puissance, après la couse. Pour l’anecdote, avant le rallye, mon frère m’avait montré comment conduire l’auto pour aller vite … et nous avons fini dans un talus , nous allions bien trop vite. Heureusement sans remettre en question ma participation 15 jours plus tard.
Ensuite faute de moyen, j’ai encore fait de l’assistance, en Challenge Citroën avec mon frère, et en Coupe Cinqué avec Fred Lambert.

205 Rallye N1 des débuts
205 Rallye N1 des débuts

Puis est venue l’heure d’acheter ma première voiture de course, une 205 rallye N1. Une épave. Elle venait de faire le Rallye de Côte d’Ivoire. Mais le vendeur était bon et je n’y connaissais pas grand-chose à l’époque. Malgré tout, j’ai signé ma première victoire de classe dès le second rallye avec cette auto. La saison suivante fut très bénéfique dans ma progression, car un certain Manu Guigou traînait avec une N1 également. Je l’ai battu une seule fois dans une spéciale … nous avions fait le 6ème temps scratch dans une spéciale en descente. Par contre je n’avais aucune organisation, aucun recul, la voiture était d’origine avec quatre mauvais amortisseurs Bilstein et seulement quatre pneus (2 Michelin TA20 et 2 TA00 …). J’ai compris que la voiture était une daube lorsque j’ai racheté une AX Gti du Challenge… d’ailleurs ça c’est vite vu sur les chronos, nous avons gagné plus d’une seconde et demi au kilomètre.

AX GTi N1
l’ AX GTi N1 volante

Chaque rallye m’a apporté de l’expérience, surtout à l’époque de l’AX où nous n’étions vraiment pas raisonnable. Je dis toujours : « à l’époque nous étions fougueux ». Rien ne nous faisait peur, dans le doute nous allions à fond. Aujourd’hui je n’ai plus beaucoup de fougue. Par contre j’ai de l’expérience et j’essaie de tout calculer, on prend ainsi beaucoup moins de risques. Je me rends compte qu’à l’époque, mon co-pilote Hervé Michelas me calmait tout le temps. Aujourd’hui Vincent Groulier qui a pris place dans le baquet de droite, a plutôt tendance à me faire accélérer, même si de temps en temps … En tout cas ce fut et c’est une joie et un bonheur de courir avec de tels copilotes. Avec Vincent, je sais que si je me lâche vraiment, on est capable de faire de belles choses, de mettre la barre haute pour la concurrence. J’aime cette osmose qu’il y a dans l’habitacle. Quand tu dis rien, tout se comprend.

Vincent Groulier recopie les notes
Vincent Groulier recopie les notes

Jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours eu des autos peu onéreuses, par manque de moyen, mais j’ai toujours cherché à faire différemment. Je préfère faire plus de rallyes ou encore des rallyes loin de ma région, plutôt que d’avoir une auto plus grosse et faire les deux rallyes du coin. C’est ce qui nous a mené à faire quatre finales de la coupe de France des Rallyes, une vraie fierté pour moi, amateur avec peu de moyen.

106 Rallye à la Finale des Rallyes à Limoges en 2003
Finale des Rallyes à Limoges en 2003

Finalement pour résumé, mon frère m’a beaucoup appris lorsque je montais à ses côtés.  Des pilotes rapides comme Manu Guigou m’ont appris à aller plus haut, plus loin, plus vite. Chaque kilomètre que je fais m’apprends quelque chose. Je suis quelqu’un qui se remet toujours en question. Lorsque je fais un rallye, j’ai toujours peur de me faire « rentrer » dans la première spéciale, tant que je n’ai pas commencé le rallye. Alors du coup j’essaie de faire de mon mieux. Je suis quelqu’un de rarement satisfait. Lorsque je viens de faire un chrono, je veux ou voudrais faire mieux. En général j’ai un bon ressenti sur les autos. J’avais aidé quelques copains à régler leurs autos pour qu’elles soient plus faciles, saines. Pour le stage de pilotage j’ai toujours voulu en faire un, finalement ça ne s’est jamais fait, même si j’ai encore l’idée en tête …

106 S16 N2 Stéphane Brunier
Stéphane et sa monture actuelle (106 S16 N2)

Merci Stéphane pour cette belle histoire, pour ton histoire. Nous ne manquerons pas de suivre l’évolution de ton projet. Si vous aussi vous souhaitez suivre les courses de Stéphane, vous trouverez ses résumés sur son site http://www.stephbrunier.com

A propos Jean-Michel Marcelin 2620 Articles
Créateur du site PILOTE-DE-COURSE.COM. Rédacteur et pilote amateur en rallye. Passionné de sport auto en général, Rallye, Formule 1, RallyCross, Rallye-Raid, Drift, Sim Racing et bien d'autres ... ainsi que du spectacle et du Fun à l'américaine.

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