Pikes Peak, la course de la démesure







Pikes Peak 2016 Dumas arrivée
Le « flagman » est bien l’homme le plus attendu par les pilotes lors de la course . Crédit : James Holland

Pikes Peak, la course de la démesure  

Une montée de 20 kilomètres associée à quelques 156 virages, bienvenue à Pikes Peak dans le Colorado. Pikes Peak, c’est une des plus anciennes course de cote du monde. En 2016 elle fêtait ses 100 ans et deux Français ce sont imposés en auto et en moto.

Le plus connu des deux se nomme Romain Dumas. Le pilote multi-surfaces et multi-taches a survolé la 94ème édition de la course. En moto, Bruno Langlois l’a emporté pour la seconde fois. Le pilote Ajaccien a du cravacher au guidon de sa Kawasaki pour inscrire une nouvelle fois son nom au palmarès de cette course de cote.

Une course différente

Ce n’est pas nouveau, aux Etats Unis tout est different. Les Ricains ont même réussi a réinventer la course de cote. Avec un départ à 2 865 mètres d’altitude et une arrivée positionnée au dessus des 4 000 mètres, cette course est avant tout une épreuve humaine.

Tout commence quelques jours avant la compétition. Au petit matin, les pilotes assistent a un banal briefing avant d’entamer les essais chronométrés. Dans une atmosphère minérale, les pilotes prennent conscience du danger de Pikes Peak. Ici, interdiction de sortir de la route. Avec 1444 mètre de dénivelé positif et 30% de puissance en moins pour les mécaniques, une faute est vite arrivée.

Et c’est ça Pikes Peak, le mélange de peur et d’excitation qui font que l’adrénaline est à son apogée. Après chaque briefing, le bénédicité est dit en mémoire des passionnés de pilotage et d’adrénaline qui ont trouvé la mort sur ce tracé plus qu’exigeant. Les runs d’essais se réalisent secteurs par secteurs sur trois journées différentes. Les choses sont faites ainsi afin que voitures et motos ne se retrouvent jamais simultanément sur la même partie de la piste.

Une connaissance parfaite des 156 virages est de rigueur pour pouvoir arriver au sommet dans de bonnes conditions.
Une connaissance parfaite des 156 virages est de rigueur pour pouvoir arriver au sommet dans de bonnes conditions.

La compétition de la démesure

Comme dans toute compétition, les voitures, camions, motos, side cars et quads sont repartis dans différentes catégories.

Les voitures et camions sont dispersés dans 7 catégories. Les véhicules les plus fous sont ceux de la catégorie Unlimited. Comprenez sans limite de puissance ! C’est dans ce groupe que la 208 T16 Pikes Peak de Sebastien Loeb avait évolué en 2013. Ensuite on retrouve l’Open Whell consacré aux monoplaces et buggys, la Pikes Peak Open qui est réservé aux voitures se rapprochant des véhicules de série de par leur apparence mais dont les moteurs, transmissions et suspensions peuvent subir de lourdes modifications. Les véhicules historiques ont eu aussi leur catégorie à Pikes Peak, seule obligation ils doivent être construits avant 1990. Les voitures et camions utilisant des technologies nouvelles ou alimentées avec des carburants spéciaux sont aussi invités a participé a la compétition.

Pour les motos et quads ce sont pas moins de 9 catégories qui sont à la disposition des pilotes. La catégorie reine des deux roues est la Pikes Peak 1205 réservée aux motos de 900 à 1 200 cm³. A Pikes Peak tout type de moto est accepté, superbike, supermoto, moteur 2 temps ou 4 temps ou encore moto électriques. Les quads font partis des attractions majeures de la course. La catégorie Quad Modified leur offre la possibilité de développer jusqu’à 500 cm3 de cylindrée.

L’expression course vers les nuages prend tout son sens sur cette photo
L’expression course vers les nuages prend tout son sens sur cette photo

La traditionelle Fan Fest

Grace a leur sens du show et de la fête les Américains ont réussi à faire d’une banale course de cote un événement populaire pour petits et grands. Pas besoin d’être né dans un moteur pour venir partager et découvrir l’histoire de la troisième plus ancienne course automobile officielle encore active aux États-Unis.

Pendant 15 jours à Colorado Springs on trouve de gros moteurs dans tous les coins de rues. Ici le regard de l’autre ne compte pas, c’est pour cela qu’on trouve de tout à Pikes Peak ! Des voitures chopées, des camions alimentés au gaz de schiste… Tous les ans au mois de juin, Colorado Springs se transforme en véritable plaque tournante de l’automobile.

Avant chaque course pilotes, mécaniciens, ingénieurs, passionnés et curieux se retrouvent lors de la Fan Fest. L’événement va au delà d’une simple séance de dédicaces. Les visiteurs peuvent parler et saluer les compétiteurs qui vont s’élancer quelques heures plus tard sur une des routes les plus complexes du monde.

Les Français comme à la maison

Depuis plusieurs années, les Français font souvent le déplacement pour participer a la course. La première victoire française remonte à 1984 où une certaine Michèle Mouton réalisait l’impossible : remporter une course sur un autre continent, qui à l’époque était encore 100% terre. Au volant de son Audi Quattro elle a su éviter les pièges deux années de suite. Et cerise sur le gâteau elle réitère sa performance l’année suivante en 1985.

Michèle Mouton a été la première Francaise à remporter la course et elle est encore aujourd’hui la seule et unique femme à l’avoir remporté
Michèle Mouton a été la première Francaise à remporter la course et elle est encore aujourd’hui la seule et unique femme à l’avoir remporté. (c) : DR

Il faudra attendre 2013 avant qu’un tricolore ré-inscrive son nom au palmarès de la course vers les nuages. L’édition 2013 de Pikes Peak est marquée par la démonstration de force du français Sebastien Loeb. Au volant d’une Peugeot 208 T16 survitaminée l’Alsacien explose le record et devient l’homme le plus rapide sur la monté.

Après sa victoire en catégorie Open en 2012 et sans doute inspiré par le record de Loeb, Romain Dumas remporte la victoire absolue en 2014. La même année, Vincent Beltoise remporte la catégorie Time Attack. Absent en 2015, Dumas est de nouveau vainqueur de l’épreuve en 2016.

L’année dernière a également consacré Raphael Astier dans la catégorie rookie. Comprenez meilleur performer pour une première participation à la course.

En route pour l’édition 2017

Dans quelques mois les moteurs résonneront à nouveau dans le Colorado. Et cette année trois Francais sont du voyage. Romain Dumas est prêt à renouveler le défi Pikes Peak, il l’a annoncé lui même sur sa page Facebook lundi.

« Nous avons fait évoluer notre voiture lors de chacune de nos venues à Pikes Peak. Cette fois, j’espère que nous pourrons parler de révolution », déclare Romain Dumas. « Notre but est clairement d’aller plus loin dans la recherche de la performance. J’ai appris à être humble devant ce mythe qu’est Pikes Peak, mais cela ne veut pas dire que nous devons manquer d’ambition. »

Bruno Fretin sera pour sa part au départ de son premier Pikes Peak. Il sera au volant d’une Mitjet 2 Litres de 2016. Il est engagé dans la catégorie Unlimited et concourra aussi à la casquette de rookie.

Raphaël Astier toujours incertains

Après sa superbe performance réalisée en 2016, on espère tous revoir Raphaël Astier en 2017.

«Aujourd’hui, rien n’est encore officiel. Je suis présent sur la liste des engagés car il faillait s’engager avant la clôture des inscriptions. Avec Romain Dumas tout est OK mais le budget me fait quelque peu défaut. Il me manque un partenaire pour pouvoir officialiser ma participation. La course est au mois de juin, ça nous laisse encore un peu de temps. Mais si officialisation il y a, elle se fera dans le courant du printemps »

… déclarait hier, au micro de PILOTE-DE-COURSE.COM, le vainqueur de la Coupe de France des Rallyes 2016. Raphaël évoque surtout une envie de participer à nouveau a cette course qui est je cite « grandiose » et « hors-normes ».

Pikes Peak 2016 Dumas et Astier
Rapahel Astier (à droite) meilleur rookie 2016. Crédit : James Holland

Retrouvez la liste des engagés Pikes Peak 2017 : 2017-PPIHC-Competitor-List






A propos Mathieu-Louis Passoni 139 Articles
Etudiant en deuxième année de journalisme à Marseille. Rédacteur cameraman et copilote en rallye. Fou de tout ce qui a un moteur mais surtout passionné de rallye depuis toujours. Mais aussi amoureux de sport et prêt à découvrir tout un tas de choses.

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