Philippe Croizon : « piqué par le Dakar »







Philippe Croizon Dakar 2017 buggy
Philippe Croizon et son buggy, Dakar 2017. (c) : DR

Philippe Croizon : « j’ai été piqué par le Dakar »

Peut on devenir pilote de course en 17 mois et se lancer dans la folle  aventure qu’est le Rallye Dakar ? En partant de zéro ? Sans aucune connaissance préalable ? Sans fortune personnelle ? Juste avec l’envie ? La grande majorité des personnes interrogées vous répondront : non, c’est IM-PO-SSI-BLE !

Pourtant c’est bien le défi fou que s’est lancé Philippe Croizon. Il faut dire qu’il n’en est pas à sa première expérience, notre « loustique ». Il a déjà fait parler de lui en 2010, lors de sa traversé de la Manche à la nage. Il a également relié les cinq continents toujours à la nage. Il détient le record du monde de plongée dans sa catégorie, en atteignant une profondeur de 33 mètres.

A oui, j’ai oublié de vous dire, Philippe Croizon est amputé de quatre membres suite à un accident domestique. Il a été touché par une ligne électrique de 20 000 volts alors qu’il travaillait sur son toit à démonter son antenne de télévision. La première décharge provoqua un arrêt cardiaque et la seconde le ranima.

Le 13 novembre 2015, Philippe Croizon annonçait vouloir participer au rallye Dakar 2017.  Aidé en cela par Cédric Duplé, Yves Tartarin (18 participations à l’épreuve) et comme vous allez le découvrir par Nasser Al Attiyah.

Aujourd’hui Philippe se prépare à vivre son rêve. En attendant le grand départ, Philippe Croizon est l’invité de PILOTE-DE-COURSE.COM. C’est pour vous, c’est maintenant et c’est en exclusivité. Allez c’est parti !

Philippe Croizon et le Team CROIZON Dakar 2017
Le Team CROIZON Dakar 2017. (c) : DR

Philippe Croizon : La passion et les débuts

A quel âge as-tu commencé à t’intéresser au sport automobile ? D’où te vient cette passion ?

J’ai toujours aimé le sport automobile. En fait j’ai cette passion depuis tout petit. Le Dakar à la TV, les Citroën CX, les Renault 20, j’ai ces images la d’enfance dans la tête. Un matin ma compagne m’a dit « ça fait longtemps que tu n’as pas monté de projet. Tu n’as pas un rêve que tu voudrais accomplir ? ». Je lui ai répondu : « participer au Dakar ! ». Et 17 mois plus tard ce qui n’était qu’un rêve, qu’une envie au départ, va se réaliser.

En 17 mois tu as préparé cette aventure. Peux tu nous décrire les principales étapes sportives afin de te préparer au mieux ?

J’ai commencé par une prise en main du buggy. Ensuite j’ai participé aux 6 heures d’Orléans où je finis 7ème sur plus d’une cinquantaines de participants. J’ai poursuivi par la Baja Espagne-Aragon puis le Rallye de Pau Orthez. Pour finir par le Rallye du Maroc, début octobre. Quand je suis parti au Maroc, mon budget pour le Dakar était encore loin d’être bouclé. Malgré cela, je termine 15ème avec 75 heures de pénalité.

Le Rallye du Maroc et Nasser Al-Attiyah

Une belle préparation. J’imagine que le plus difficile sportivement a été le Rallye du Maroc, non ?

En effet. La longueur de la course, la chaleur, l’intensité. Nous avons eu des difficultés mécaniques, de navigation mais de nombreux pilotes étaient surpris de mes chronos. Je n’avais pas le choix, je devais prouver mes capacités. J’ai tout donné que ce soit personnellement ou avec la voiture. J’ai été au delà de mes limites et celles de la voiture pour montrer de quoi j’étais capable. Le Maroc c’est un petit Dakar. C’est assez ressemblant au Dakar d’après ce qu’en disent les pilotes qui ont participé aux deux épreuves.

En parlant de ces pilotes professionnels, avec lequel as tu le meilleur feeling ?

Sans hésiter avec Nasser Al Attiyah. Une personne ouverte à toutes discutions et disponible avec tout le monde. Il n’y a pas de barrière avec lui. Pas de garde fou. C’est d’ailleurs lui qui m’a aidé à clôturer mon budget.

Le Budget et les objectifs

En parlant de budget, le Dakar demande un investissement important. Il permet également à l’industrie du sport automobile de vivre. Sans parler de ton budget global, peux tu nous donner un ou deux chiffres ?

Effectivement, les budgets sont importants. Et la participation de partenaires est indispensable. J’en profite pour les remercier.

Pour donner un chiffre, un mécanicien sur le Dakar c’est 12 000 euros plus le billet d’avion. Le Team compte douze mécaniciens pour les deux buggys. Le calcul est vite fait.

Quel est ton objectif sur ce Dakar 2017 ?

Il est simple : atteindre Buenos Aires. Certainement pas battre des records. Même si je dis à Nasser Al Attiyah ou à Sébastien Loeb : « Attention, surveillez vos rétros.  Cette année je suis là ! ». C’est bien sûr de l’humour.

Peut on imaginer revoir Philippe Croizon régulièrement sur le Dakar dans l’avenir ?

Il y aura peut être des surprises dans l’avenir. J’ai été piqué. Oui vraiment, j’ai  été piqué par le Rallye Raid. C’est long, c’est extrêmement fatiguant mais c’est exceptionnel !

Merci Philippe pour cette leçon de vie. Philippe Croizon c’est un peu le Nick Vujicic à la française. Un homme qui prouve tous les jours que rien n’est impossible. Et que notre seule barrière c’est en fait nous même.

Vous pouvez suivre les aventures de Philippe Croizon sur sa page Facebook ou son compte Twitter. Vous pouvez également vous connectez à PILOTE-DE-COURSE.COM où nous suivrons également cette course dans la course, au jour le jour, à l’occasion du Dakar 2017.

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A propos Jean-Michel Marcelin 1196 Articles

Créateur du site PILOTE-DE-COURSE.COM. Rédacteur et pilote amateur en rallye. Passionné de sport auto en général, Rallye, Formule 1, RallyCross, Rallye-Raid, Sim Racing et bien d’autres … ainsi que du spectacle et du Fun à l’américaine.

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